J'assiste beaucoup de concerts — petits clubs, festivals, salles plus confinées — et comme vous, il m'arrive d'avoir envie de conserver un moment sonore précis : un solo, un pont, la réverb d'une voix en particulier. Mais enregistrer au smartphone sans tout dénaturer (ou sans passer pour l'abruti·e qui filme tout en gênant les autres) demande un peu de méthode. Voici comment je fais, ce que je déconseille, et les choix techniques qui permettent de garder l'âme d'une performance tout en restant respectueux·se du lieu et des artistes.
Avant le concert : respecter les règles et préparer son matériel
La première chose que je vérifie systématiquement, c'est si l'enregistrement est autorisé. Certaines salles et festivals l'interdisent, d'autres l'acceptent pour un usage privé. Si je peux, je demande au staff ou au bar. Simple et poli — et ça évite les ennuis.
Sur le plan matériel, je distingue deux situations : "enregistrement discret avec le smartphone seul" et "amélioration portable" avec un micro externe. Dans les deux cas, je mets toujours mon téléphone en mode Ne pas déranger et je coupe les notifications. Rien de pire qu'une sonnerie en plein solo.
Le smartphone seul : astuces de base
Si je n'ai qu'un smartphone, voici ce que je fais pour optimiser la prise :
Ajouter un micro externe : le saut qualitatif
Si j'anticipe un moment où la qualité compte vraiment, j'emporte un petit micro plug-and-play. Les options qui m'ont donné satisfaction :
| Micro | Usage | Atout |
|---|---|---|
| Shure MV88 (Lightning) | iPhone | Son clair, réglages via app |
| Rode VideoMic Me-L | iPhone/USB-C adaptateur | Bon rapport bruit/signal, compact |
| Zoom iQ6 / iQ7 | iPhone | Stéréo, gain réglable |
| Rode NT-USB Mini / petit interface | Backline/si table de mixage accessible | Qualité studio, mais plus encombrant |
Avec un micro externe je peux me permettre d'être plus près de la scène (sans gêner) et d'obtenir une image stéréo plus riche. J'ajuste toujours le gain et fais un test rapide pendant les balances si possible.
Si j'ai le choix entre smartphone et enregistreur dédié
Rien ne vaut un enregistreur portable (Zoom H1n, H4n, Tascam DR-series) si le contexte le permet. Ils captent une dynamique plus large et résistent mieux aux saturations. Je n'amène toutefois jamais un enregistreur si la salle l'interdit explicitement — et je reste discret·e.
Placement et comportement pendant l'enregistrement
Le son d'un concert, ce n'est pas seulement la scène : c'est la salle, la résonance, les applaudissements. Enregistrer en mode "ambiance" plutôt que "micro collé dans l'ampli" permet souvent de retranscrire ce qui m'a ému·e sur place.
Post-traitement : préserver l'authenticité
Une fois chez moi, je traite rarement mes captures de façon radicale. L'objectif, pour moi, est de restaurer plutôt que de réinventer.
Des applis mobiles comme Dolby On font un excellent travail automatique (compression légère, réduction de bruit, etc.) et suffisent souvent pour une mise en ligne informelle. Pour toute diffusion publique plus poussée, je demande systématiquement l'autorisation de l'artiste.
Respect légal et éthique
Enregistrer pour un usage personnel est souvent toléré, mais diffuser, monétiser ou distribuer un enregistrement sans autorisation peut poser des problèmes de droits d'auteur et de droit à l'image. J'envoie toujours le fichier à l'artiste si je veux le partager publiquement, ou je demande l'autorisation via leur contact pro. Beaucoup d'artistes apprécient qu'on leur propose avant de mettre en ligne une captation.
Autre règle d'or : respecter la confidentialité des autres spectateurs. Je ne publie pas d'enregistrements où l'on reconnaît clairement des conversations privées. Si un enregistrement contient des réactions du public particulièrement marquantes, je demande leur consentement si je veux les rendre publiques.
Checklist rapide avant d'enregistrer
En somme, il y a un juste milieu entre conserver un souvenir sonore fidèle et altérer l'expérience des autres spectateurs ou la prestation des musicien·ne·s. En restant poli·e, discret·e, préparé·e et honnête dans la diffusion, on peut garder des traces qui respectent la performance tout en restant précieuses pour nous.