Vendre du merch après un concert, c’est un art autant qu’une nécessité : c’est là que se créent les liens durables entre un·e musicien·ne et son public. J’ai appris sur le tas, en tenant des tables après des petites scènes comme après des salles bouillantes, et ce qui fonctionne n’est pas forcément ce qu’on imagine au premier abord. Voici des stratégies simples, concrètes et testées que j’utilise (et recommande) pour t-shirts, cassettes et vinyles quand on veut gérer tout ça de manière autonome.
Préparer son stock intelligemment
La première règle, c’est de ne pas se surcharger inutilement. Après plusieurs tournées, j’ai compris qu’il vaut mieux partir avec des quantités limitées mais variées plutôt qu’un stock pléthorique qui prend la poussière.
- Pense en tranches : pour les t-shirts, prévois surtout des tailles M et L — ce sont souvent les meilleures ventes. Ajoute quelques S et XL selon ton public.
- Pour les vinyles, limite-toi à 10–20 exemplaires par date si tu joues dans des salles de 100–300 personnes. Les pressages sont lourds et coûteux à stocker.
- Les cassettes se prêtent très bien aux petites séries (20–50) : elles sont cheap à produire et ont un côté collector immédiat.
- Emporte toujours quelques packs « bundle » (ex. t-shirt + cassette), ils partent souvent mieux que les articles seuls.
La table merch : présentation et ergonomie
La table merch, c’est ta vitrine. J’en ai vu des plates, des bordéliques et des lumineuses — et ce sont les dernières qui vendent.
- Simplifie la hiérarchie visuelle : place les t-shirts pliés, un exemplaire prêt à être essayé sur cintre, les vinyles debout avec la pochette visible, et les cassettes en pile devant.
- Utilise une nappe sobre (noire ou claire selon l’esthétique) et un éclairage léger si tu joues en soirée : une lampe à pince suffit.
- Affiche les prix de façon claire (sticker ou ardoise), évite d’improviser les tarifs à voix basse — ça freine l’achat.
- Mets à portée de main des sacs kraft ou sleeves pour l’emballage : c’est pro et ça protège les vinyles.
Moyens de paiement : cash, carte et sans contact
Le cash reste roi en fin de concert, mais ne sous-estime pas la carte et le paiement mobile. J’ai vu des ventes perdues parce que le public n’avait que sa CB ou un smartphone.
- Prends du liquide et garde des petites coupures pour rendre la monnaie.
- Investis dans un terminal de paiement mobile (SumUp, iZettle/PayPal Here). Ils sont faciles d’utilisation et peu coûteux à l’achat. N’oublie pas le câble et une batterie externe.
- Propose aussi des options mobiles comme Lydia, Paylib, ou le paiement par QR code vers Bandcamp/Helloasso pour les précommandes.
Prix et psychologie
Fixer les bons prix, c’est un exercice d’équilibre : il faut couvrir les coûts, valoriser le produit et rester accessible.
- T-shirts : généralement 20–30€ selon la qualité et le print (20–22€ pour du DTG basique, 25–35€ pour du sérigraphié sur coton de qualité).
- Vinyles : 15–30€ pour un LP local ou indie, 30–45€ pour un pressage deluxe ou limité.
- Cassettes : 5–10€ selon la production (coût faible, marge intéressante).
- Les bundles : propose une réduction attractive (ex. t-shirt 25€ + cassette 7€ = bundle 30€) pour augmenter le panier moyen.
| Article | Prix indicatif | Conseil |
| T-shirt | 20–35€ | Affiche la taille/fit sur une étiquette visible |
| Vinyle | 15–45€ | Propose un bundling avec téléchargement |
| Cassette | 5–10€ | Numérote les premières séries pour l’attrait collector |
Packaging, édition limitée et storytelling
Le public achète autant l’objet que son histoire. Quand je vends, je raconte toujours une anecdote courte : « Cette cassette a été gravée localement », ou « on a fait ce pressage en 300 exemplaires ». Ça crée de la valeur perçue.
- Éditions limitées : sérigraphies supplémentaires, pochettes alternatives, inserts signés à la main — ça marche très bien.
- Offre un petit flyer ou une carte postale avec le lien Bandcamp/QR code pour écouter l’album immédiatement.
- Numérote à la main quelques exemplaires : les gens aiment le côté artisanal.
Vinyles et cassettes : précautions pratiques
Vinyles et cassettes demandent un peu d’attention pour rester vendables et crédibles.
- Range les vinyles verticalement et protège-les dans des sleeves intérieures en plastique pour éviter les rayures. Évite l’humidité et la chaleur dans le coffre de la voiture.
- Pour les cassettes, assure-toi que la bande n’est pas désalignée, et propose une lecture sur place si possible (petit walkman ou chaîne). Ça rassure l’acheteur.
- Indique si le vinyle est un test-pressing, un pressage standard ou un repressage : la transparence paie.
Signalétique et call-to-action
Une simple phrase fonctionne mieux qu’un long discours : « Si tu veux soutenir le groupe, prends un t-shirt » est plus efficace que 30 secondes d’explication. Utilise des panneaux courts :
- « Merche disponible : t-shirts, vinyles, cassettes — Paiement CB et liquide »
- QR code vers Bandcamp pour l’achat en ligne et l’écoute immédiate
- Pense à un petit panneau « signé par l’artiste » si tu proposes cette option
Après-vente et suivi
La vente ne s’arrête pas au concert. Récupère des contacts et propose un follow-up :
- Propose d’envoyer la réception d’achat par mail ou un code promo pour la boutique en ligne.
- Si tu écoules tout un lot, fais une réédition ou une tournée de réimpression et informe ta mailing-list/socials.
- Sois transparent·e sur les retours et l’échange — ça évite les tensions.
Petites astuces de terrain
Quelques routines que j’applique systématiquement :
- Prends des photos de ta table merch avant l’ouverture : utile pour les réseaux.
- Garde une zone « essaie » pour les t-shirts (miroir de fortune ou fenêtre réfléchissante) et conseille la coupe plutôt que d’imposer une taille.
- Pense à un kit « réparation » : épingles, ruban adhésif, pochettes de rechange pour les vinyles défectueux.
- Sois présent·e mais pas envahissant·e : un sourire, une phrase, puis laisse l’espace. Les meilleures ventes viennent souvent d’échanges authentiques plutôt que d’une pression commerciale.
Finalement, vendre son merch en autonomie, c’est combiner préparation, présentation et capacité à raconter une histoire autour de l’objet. Si tu veux, je peux te fournir une checklist imprimable pour ta table merch, ou me pencher sur un exemple de tarification détaillée selon ton format (pressage vinyle, sérigraphie t-shirt, duplications cassettes).