Reproduire le son post-metal de Cult of Luna en répétition, ce n'est pas seulement choisir un ampli « saturé » : c'est recréer une atmosphère, une profondeur et une dynamique qui respirent entre les instruments. Dans mes répétitions avec des groupes aux ambitions post-metal, j'ai appris que l'ampli est une pièce importante du puzzle — mais pas la seule. Je vous raconte ici ce que j'essaie, ce qui marche, et comment m'équiper selon le budget et les contraintes de salle.
Ce qui caractérise le son « Cult of Luna » (et ce que votre ampli doit permettre)
Avant toute chose, il faut définir les qualités sonores à atteindre. Pour moi, le son de Cult of Luna se reconnaît par :
Concrètement, l'ampli idéal doit offrir une bonne headroom (pour les cleans et les boosts), une saturation harmonique chaleureuse quand on pousse les étages, et de préférence une boucle d'effets série/parallel fiable pour intégrer delays, réverbs et modulations.
Types d'amplis et recommandations pratiques
Voici comment je classe les options et ce que j'en attends en répétition :
Choix selon le budget et l'usage
Pour être utile en répétition, j'ai monté ce petit tableau mental (ici mis en forme simplifiée) qui m'aide à choisir selon ambition et portefeuille :
| Budget | Option recommandée | Pourquoi |
| Petit | Boss Katana / Blackstar HT Club | Prix contenu, multi-voix, boucle d'effets, bonne palette pour lo-fi → mid gain |
| Moyen | Orange Rockerverb / Mesa Combo | Tube, caractère organique, bonne dynamique, tient la pédale |
| Élevé / Pro | Kemper / Fractal Axe-Fx + power amp | Consistance, presets, sorties DI stéréo pour console/retour, gain de setup en répétition et live |
Le rôle du baffle et des haut-parleurs
Un ampli, c'est la tête + le baffle. En post-metal, je privilégie :
En répétition, si le voisinage est un souci, pensez à une puissance atténuée (power soak) ou à un baffle fermé qui contient mieux les graves. Les modèles à charge réactive (Reactive Load) permettent d'envoyer un signal DI vers la table sans perdre le caractère de l'ampli.
Pedals, boucle d'effets et stéréo : la vraie clé
Pour obtenir l'immensité de Cult of Luna, l'ampli travaille main dans la main avec les effets :
Idéalement, travaillez en stéréo : deux baffles séparés ou un ampli stéréo/rig modélisé vous donneront ce placement spatial qui fait respirer les morceaux. Si vous n'avez qu'un ampli mono, pensez à utiliser une pédale de delay/réverb stéréo en fin de chaîne et à répartir la guitare rythmique dans les retours.
Réglages pratiques que j'utilise en répétition
Voici quelques repères de réglage qui m'ont servi :
En répèt, je demande toujours un retour de batterie et de basse propre, car le mélange global influence énormément la sensation de « mur » sonore.
Micro et captation en répétition
Si vous devez capter l'ampli sur la sono ou pour faire des prises, le classique SM57 sur le centre du cône reste un choix fiable. Pour une image plus complète, j'ajoute souvent un MD421 un peu sur le bord pour capter les médiums et l'attaque. Si vous utilisez un profilage (Kemper/Axe-Fx), sortez DI stéréo et éventuellement une réverb/delay en retour pour garder la dimension ambiante.
En résumé (sans trop résumer), choisissez un ampli qui vous laisse placer vos effets, qui a une dynamique suffisante et une bonne interaction avec les pédales. Si vous hésitez entre vintage lampes et profilage, demandez-vous si vous voulez voyager léger et reproductible (Kemper/Fractal) ou si vous recherchez la réaction organique d'un tube — dans les deux cas, soignez la boucle d'effets et le côté stéréo pour retrouver l'espace de Cult of Luna.